Le PLQ, la CAQ, le PCQ, le gouvernement fédéral et le premier ministre ontarien brandissent l’argument économique comme une arme usée pour effrayer les Québécois et empêcher une consultation référendaire favorable. Ce discours suranné vise avant tout à éviter que le Parti québécois ne prenne le pouvoir.
Mais quel est l’état réel de l’économie du Québec dans le monde? Voici des chiffres que les fédéralistes ne citent jamais, mais qui parlent d’eux-mêmes.
Le Québec, une économie qui se classe parmi les meilleures
Parmi les 195 pays officiellement présents à l’ONU, un Québec pays, avec un produit intérieur brut (PIB) nominal d’environ 625 milliards de dollars, occuperait entre le 40e et le 50e rang. Sur la base du PIB réel par habitant, il fait encore mieux, se classant entre la 20e et la 25e position. Sur l’indice de développement humain, il obtient la 16e position parmi 130 pays, et la 8e place à l’indice du bonheur.
Le Québec se classe quatrième au monde pour la production d’hydroélectricité, construite sans aucun apport financier du fédéral. Il est un joueur majeur en intelligence artificielle et en aéronautique, et son sous-sol regorge de plusieurs minéraux critiques et stratégiques recherchés par la planète entière.
Un parallèle historique : vaincre la peur une première fois
Notre histoire offre un parallèle éclairant. La peur autour de l’économie court depuis la Conquête. En 1945, l’écrivain et journaliste Jean-Charles Harvey osait affronter le clergé et dénoncer le climat de peur qu’il entretenait, « le plus grand obstacle au progrès économique des Canadiens français » disait-il. Cette peur, nous l’avons vaincue au cours des vingt à vingt-cinq années suivantes lors du passage de la Grande Noirceur (« né pour un petit pain ») à la Révolution tranquille.
D’hier à aujourd’hui : le nouveau visage de la peur
Depuis, le Québec a transformé son économie, aujourd’hui diversifiée et appuyée sur plus de 275 000 PME, ce qui lui donne un tissu industriel et commercial varié et résilient. Le clergé d’autrefois a été remplacé par les opposants à l’indépendance, qui agitent la même peur : celle de l’impact économique.
Chef de file de cette opposition, le gouvernement fédéral use de son pouvoir de dépenser pour intervenir régulièrement dans les champs de compétence du Québec. Il multiplie les ajustements et les délais dans la mise en œuvre des politiques québécoises, quand il ne s’immisce pas carrément dans de nouveaux champs sans tenir compte des priorités du Québec (le programme dentaire, par exemple). Même dans ses champs de compétence dits exclusifs, l’arrimage avec les intérêts des autres provinces éloigne continuellement le Québec sur le plan économique.
Pensons à l’abandon récent des objectifs environnementaux fédéraux au profit des oléoducs albertains. La contribution des Québécois pour ces pipelines se chiffrera à près de 16 milliards de dollars, sans aucun bénéfice pour le Québec. Ce type d’investissement risque de faire grimper la valeur du dollar canadien et de désavantager les exportateurs québécois.
Le poids des chiffres : ce que le Québec envoie, ce qu’il pourrait garder
Au-delà de ces faits incontestables, les Québécois envoient à Ottawa environ 85 milliards de dollars par année en taxes et impôts. Le choix des dépenses qui en découle est décidé par un parlement où la représentation québécoise, en diminution constante, a chuté de 35,9 % à 26,7 %, soit une baisse de 9,2 points de pourcentage. En proportion, ce qui représente une perte relative d’environ 25,6 % de son poids politique initial.
Un gouvernement qui s’engagerait à redistribuer ce montant de 85 milliards dans les 14 régions administratives (excluant Montréal, Laval, la Montérégie et la Capitale nationale) leur insufflerait une hausse de 40 à 50 % de leur PIB réel annuel. On peut imaginer l’apport à la vitalité économique de ces régions, et le potentiel de renversement démographique pour celles en décroissance. Ajoutons les dédoublements administratifs, qui représentent au moins 9 milliards de dollars d’économies annuelles.
René Lévesque dit un jour : « Il est interdit de penser que nous ne serions pas aussi capables que quiconque de prendre nos affaires en main ». On a peur de quoi? Il suffit que nous nous fassions confiance.